Les légendes et les traditions

Le palet de Gargantua

L'époque de la Renaissance est aussi celle où fleurirent en notre Province contes et traditions. Ainsi le conte de Gargantua, s'arrêtant sur la butte de Montrentin, face à la forêt de Clossay hantée par la fée Mélusine; il avait besoin de s'ébattre et s'ébaudir, auquel temps, ayant pris une pierre et l'ayant lancée au-devant de lui, celle-ci vint tomber après une trajectoire de mille huit cent quarante et sept toises au bord de la Parence, sur le site de Fleuret. Ainsi la pierre couverte de Torcé prit-elle le nom de Palet de Gargantua.

La fosse aux Saneux

Autre site rural évoquant les légendes chères aux conteurs d'autrefois, "la Fosse aux Saneux". Deux jeunes gaillards, les saneux, hongreurs empiriques, étaient également épris de la servante de la ferme de Conhard, une fille d'une beauté fascinante au regard enjôleur. Ils lui donnèrent rendez-vous une nuit de Noël et là se battirent en duel avec leurs couteaux de sacrificateurs de porcs, et, s'étant entretués, tombèrent dans l'excavation laissée par un arbre arraché lors d'une tempête. La corporation des affranchisseux et autres mégeïeux étant, peu ou prou, convaincue de sorcellerie, une légende naquit selon laquelle, chaque nuit de Noël, ce lieu funèbre devait être visité, débroussaillé et sarclé.

 

La Passion des Joizières

Aux limites sud de la commune, le hameau des Joizières abritait au siècle dernier une population laborieuse de petits bordagers et de fileuses de chanvre; un calvaire aujourd'hui disparu y était l'objet d'un pèlerinage qui attirait les bonnes gens de Lombron, de Montfort, du Pont-de-Gennes et parfois de paroisses plus lointaines. Durant quinze jours, du jeudi qui précède la semaine de la Passion jusqu'au Jeudi-Saint, les pèlerins venaient chaque soir s'aligner sur deux rangs, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre et l'on entonnait "la Passion du doux Jésus", une dolente complainte.

Lombron et les croisades

L'histoire atteste que les Seigneurs de Lombron participèrent à deux reprises à l'épopée des Croisades. Guillaume de Braitel, Seigneur de Lombron et son cousin Raoul de Beaumont furent avec l'ensemble de la noblesse du Maine parmi les Croisés de la première heure. Revenus au début de 1116, ils rapportaient une relique de la Vraie Croix incrustée de pierres des Lieux Saints et en firent don à la Cathédrale du Mans. Lors de la troisième Croisade en 1190, Hugues des Monts, Sire de Lauresse fut fait Sénéchal d'Antioche. Ce héros authentique dont la tombe existe toujours au cimetière Saint-André du Pont-de-Gennes rapportait, lui aussi, des reliques des Lieux Saints, souvenirs de son pèlerinage au monastère Sainte-Catherine du Mont Sinaï. Son retour tardif au pays natal et le remariage de son épouse inspira aux conteurs d'autrefois "la légende du Croisé de Lauresse".